C’est probablement l’une des missions qui aura été le plus repoussée, pas moins de neuf fois si mes comptes sont bons, et qui finalement devrait avoir lieu presqu’un an après la date initialement prévue… Tous les paramètres sont en effet au vert pour un décollage du second Dragon de la société privée SpaceX ce samedi matin, poussé par une fusée Falcon 9 dont ce sera seulement le 3ème vol.
SpaceX est à ce jour la société commerciale la plus avancée dans sa conquête de l’espace, ce qui la place dans une excellente position pour remporter le marché du transport d’astronautes américains vers la station spatiale internationale. Rappelons que depuis la fin des navettes spatiales, les astronautes américains dépendent entièrement des fusées Soyouz russes pour rejoindre l’orbite terrestre basse. La NASA a largement financé les efforts de SpaceX qui, si ce vol se passe bien, recevra les 15 derniers millions de dollars sur les 396 convenus et un contrat de 12 vols au minimum.
Avec ce second vol d’un Dragon, il s’agit pour SpaceX de démontrer que s’amarrer à la station spatiale internationale ne pose aucun problème – une manoeuvre à laquelle les astronautes à bord ont évidemment été formés. A eux en effet d’attraper le Dragon avec le bras robotique de la station et de l’amarrer.
Le Dragon restera amarré à la station durant environ 2 semaines, pendant lesquelles il sera déchargé puis rempli à nouveau en vue de son retour sur Terre. C’est très certainement le point fort du Dragon, contrairement à un vaisseau cargo comme l’ATV qui brûle à son entrée dans l’atmosphère, le Dragon est prévu pour redescendre sur Terre, ce qui permettra -par exemple- le retour de matériel scientifique pour analyse.
Dans la tradition des capsules Apollo, ce second Dragon sera récupéré dans le Pacifique, mais comme je l’ai déjà expliqué dans ce billet, il devrait ensuite être capable de contrôler sa vitesse et de se poser en douceur au point souhaité, sur la terre ferme.
Pour son voyage inaugural vers la station, le Dragon emporte environ 150 repas, des vêtements, des consommabless, un ordinateur, des expériences et le matériel nécessaire pour les réaliser. Souvenez-vous, pour son premier voyage, le Dragon avait emmené dans l’espace… une meule de fromage français!
[Ajout du samedi 19 mai]
Semi-échec aujourd’hui, l’ordinateur a détecté un pression élevée dans la chambre du moteur 5 après l’allumage à T0… le tir a été annulé, nouvel essai prévu mardi prochain. Décevant, évidemment, mais toujours préférable à une explosion en vol ou sur le pas de tir!
– Si tout cela vous a donné envie d’en savoir plus, je vous invite à lire le dossier de presse (en anglais), disponible à cette adresse.


