Vous n’avez sans doute pas échappé à la folie de l’impression 3D dans l’actualité… Malgré les limites inhérentes à la relative jeunesse de cette technologie, il suffit déjà de créer un objet en 3D sur un ordinateur pour qu’il devienne réalité!
Cette technologie ouvre des perspectives passionnantes pour le secteur spatial puisqu’elle permet d’imaginer de construire en orbite ou sur un sol extra-terrestre sans que l’homme ait besoin de poser la première pierre!
Projet de fonderie en micro-gravité (MFG) à base d’impression 3D présenté par la société Deep Space Industries
Une société comme Deep Space Industries l’a bien compris, l’agence spatiale européenne également, regardez donc ci-dessous ces vues d’artiste d’une base lunaire de l’ESA!
Construction du dôme d’une base lunaire à base d’impression 3D (crédit: ESA/Foster + Partners)
Vue extérieure d’une base lunaire de l’ESA imprimée en 3D (crédits: ESA/Foster + Partners)
Vue intérieure d’une base lunaire de l’ESA imprimée en 3D (crédit: ESA/Foster + Partners)
- Plus d’informations sur les sites de l’ESA et de DSI!
La société américaine Deep Space Industries a annoncé hier son intention de se lancer dans l’exploitation d’astéroïdes… C’est la seconde société privée à se lancer dans ce secteur, qui il faut bien l’avouer, est extrêmement tentant.
L’idée derrière tout cela est simple; les ressources sur Terre sont limitées, alors que tout autour de nous, dans l’espace, des astéroïdes chargés de métaux précieux, rares, d’eau… sont à portée de main, ou presque.
DSI compte commencer par envoyer de petits vaisseaux, les Firefly (lucioles), capables d’aller analyser un astéroïde et déterminer s’il peut être facilement exploité. Pour réduire les coûts, ces vaisseaux seront envoyés dans l’espace via un « strapontin » sur des fusées embarquant des satellites.
Une fois un astéroïde sélectionné, c’est un Dragonfly (libellule) qui sera chargé de capturer l’astéroïde et de l’amener sur une orbite terrestre (basse, j’imagine) dans un premier temps, ou pourquoi, pas le redescendre sur Terre.
Troisième étape; le Harvestor (moissonneuse), à la fois exploitation minière, transporteur et usine. Eau, carburant, métaux, matériaux de construction… les matières premières récoltées pourront être transformées et mises à disposition dans un premier temps en orbite basse ou dans l’espace pour alimenter satellites et missions d’exploration.
DSI évoque également des centrales de production d’électricité à partir de l’énergie solaire, électricité qui pourrait être redistribuée sur Terre, des raffineries de carburant, et une imprimante 3D permettant de produire les pièces nécessaires à la construction de structures dans l’espace…
Tout cela est évidemment passionnant, d’autant que les premiers lancements auraient lieu dés 2015!
[Ceci est mon premier article sur parmilesetoiles.fr, après que Brigitte m'ait proposé de contribuer occasionnellement à ce blog, ce que j'ai accepté avec plaisir. Grand merci à elle, et bonne lecture à vous! -Marc]
Mercredi dernier (le 16 janvier) a marqué une date importante dans la coopération entre la NASA et l’ESA, puisque le deux agences -américaine et européenne- ont annoncé la contribution de l’Europe à la mise au point de l’Orion-MPCV (Multi-Purpose Crew Vehicle)!
Basé sur l'ATV et fourni par l'ESA, le nouveau module de service d'Orion hérite de la fameuse silhouette en "X" du vaisseau cargo européen, reconnaissable entre toutes. (Cliquer pour agrandir. Crédit: NASA)
Orion, c’est cette capsule spatiale actuellement développée par la firme Lockheed Martin pour le compte de la NASA, conçue pour l’espace interplanétaire et destinée à succéder à la Navette Spatiale d’ici la fin de la décennie. Elle permettra à l’agence, pour la première fois depuis plus de 30 ans, de se consacrer à nouveau à de grandes missions habitées d’exploration, vers la Lune, des astéroïdes proches, et enfin Mars & ses satellites (Phobos et Déïmos). D’une capacité de 4 à 6 personnes, elle aura une autonomie en vol d’au moins 21 jours.
Or, une telle capsule n’est rien sans un module de service (SM) pour alimenter les astronautes en air, eau, électricité et chauffage, ou encore pour les propulser à travers le vide de l’espace. Et justement, lors d’une conférence de presse conjointe qui se tenait mercredi dernier, il a été annoncé que c’est l’ESA qui développera et fabriquera le module de service d’Orion, en se basant sur les technologies de l’ATV actuel! La rumeur selon laquelle la NASA souhaitait déléguer la fabrication du SM courait depuis le printemps 2012, et le conseil ministériel de l’ESA de novembre dernier, qui s’est tenu à Naples, avait donné son accord de principe au projet de coopération.
C’est un marché «gagnant-gagnant», puisqu’ainsi, la NASA (qui connait des contraintes budgétaires très sévères depuis quelques années) se protège contre les risques d’annulation du programme et économise plus de 400 millions d’euros sur la conception du SM, tandis que l’ESA peut donner une suite à son vaisseau ATV et se garantir un futur dans le domaine du vol spatial habité.
Gros plan de l'ATV-3 "Edoardo Amaldi", alors qu'il s'approchait de la Station Spatiale Internationale. C'est la moitié arrière du vaisseau qui servira de base au module de service d'Orion. Noter les moteurs principaux et les moteurs de controle d'attitude, qui seront tous présents sur l'Orion-SM. (Cliquer pour agrandir. Crédit: NASA)
L’ATV, « Véhicule de Transfert Automatisé », est le plus gros vaisseau de ravitaillement de l’ISS, et l’engin spatial le plus complexe jamais conçu en Europe. A l’époque de ça conception, au début des années 2000, il était vu comme une première étape dans la mise au point d’une capsule spatiale de fabrication européenne, qui aurait enfin doté l’ESA d’un système complet pour le vol habité. Hélas, les rigueurs de l’économie et la frilosité du monde politique ont vite eu raison de ces projets, et après son 5ème et dernier vol en 2014, les technologies remarquables développées pour l’ATV menaçaient de disparaître avec lui, alors qu’elles avaient été pensées dès le début pour être compatibles avec un vaisseau spatial habité.
L'un des deux moteurs OME de la Navette, utilisés pour les maneuvres orbitales. Ce sera le moteur principal de l'ATV/Orion. (Crédit: NASA)
Ainsi, en utilisant l’ATV pour concevoir le module de service d’Orion, l’Europe va pour la première fois véritablement fabriquer une pièce maîtresse d’un vaisseau spatial habité. Les emprunts direct à l’ATV sont nombreux: réservoirs de carburant, tuyauterie, systèmes de guidage, contrôle d’attitude… et last but not least: les panneaux solaires pour la production d’énergie, qui donneront à la capsule Orion cette silhouette en « X » si caractéristique! Si les moteurs de secours et de contrôle d’attitude seront eux aussi dérivés de l’ATV, le moteur principal, en revanche, sera fourni par la NASA; il s’agit en fait d’un moteur OME (Orbital Maneuvering Engine), dont une paire équipait chaque Navette! Ainsi doté, le module de service aura le carburant et la puissance nécessaires pour revenir de l’orbite lunaire, ou d’astéroïdes circulants entre Mars et la Terre.
La capsule Orion sera testée une première fois seule, l’année prochaine, pour un court vol inhabité en orbite terrestre, au cours duquel elle grimpera jusqu’à 5800km d’altitude (à comparer au 400km de l’orbite de l’ISS), avant d’effectuer une rentrée atmosphérique deux orbites plus tard. Cette mission est dénommée EFT-1 (Exploration Flight-Test 1), et verra la capsule Orion décoller à bord d’une fusée Delta-IV « Heavy ».
L'habitacle pressurisé de la 1ère capsule Orion est déjà en cours de préparation au Centre Spatial Kennedy, pour un vol d'essai prévu en 2014. (Crédit: NASA)
L’ESA est chargée de livrer le 1er exemplaire du module de service à temps pour le vol inaugural du duo Orion-SLS, prévu pour 2017. Ce vol, dénommé EM-1/SLS-1 (Exploration Mission 1, et premier vol du lanceur SLS), sera lui aussi inhabité, mais enverra la capsule et son module de service en orbite autour de la Lune pour une mission de 7 jours, en vue de valider l’ensemble du système: la fusée lourde SLS, la capsule Orion, et son module de service.
Juste après l’annonce de mercredi dernier, la NASA a d’ailleurs publié une belle vidéo présentant le déroulement d’EM-1. On peut y admirer à loisir le lanceur SLS (digne héritier de la fusée lunaire Saturne V), et le vaisseau Orion équipé de son module de service européen flambant neuf!:
La mission suivante, EM-2/SLS-2 sera le tout premier vol habité d’Orion, prévu pour 2021. Il devrait emmener 4 astronautes en orbite autour de la Lune, une nouvelle fois pour une mission de 7 jours. A nouveau, le module de service sera fourni par l’ESA, ce qui pourrait signifier qu’un des membres d’équipage sera européen! (les négociations à ce sujet auront lieu dans les prochains mois.)
Au delà? Eh bien au-delà, la NASA elle-même n’a pas encore de dates et objectifs fixés, ce qui explique aussi pourquoi l’accord de coopération NASA-ESA ne porte pour le moment que sur le module de service des deux premières missions, et que rien n’est décidé pour les modules de service ultérieurs. Cela dit, la situation devrait se clarifier autour des prochains mois, maintenant que la réélection d’Obama assure à l’agence quatre années supplémentaires de soutien gouvernemental. On parle beaucoup, en coulisses, d’un projet d’avant-poste orbital au voisinage de la Lune, qui servirait de dépôt de carburant et de point de départ pour les missions habitées ultérieures, vers les astéroïdes et Mars…
Quoi qu’il en soit, ce nouveau chapitre qui s’ouvre dans l’histoire de l’ATV promet d’être passionnant!
La capsule Soyouz TMA-05M s’est posée lundi 19 novembre au Kazakhstan, environ 1 heure avant le lever du soleil. A son bord, le commandant de l’expédition 33 de l’ISS, Sunita Williams (NASA), Akihiko Hoshide of (JAXA) et Yuri Malenchenko of ROSCOSMOS (Roscosmos).
Les retours de nuit sont rarissimes, notamment pour des raisons évidentes de logistique… ce qui rend cette photo d’autant plus exceptionnelle!
La société privée américaine ATK vient d’annoncer avoir gagné un appel d’offre de la NASA pour le développement d’un réseau de panneaux solaires légers et compacts.
La société, qui a plus d’une corde à son arc, avait déjà développé notamment les panneaux solaires de l’atterrisseur martien Phoenix, qui lui avaient permis de multiplier par 3 la durée de sa mission.
Le réseau MegaFlex™ conçu par ATK mesurera environ 12m de diamètre et permettra de produire environ 350kW d’électricité, soit près de 10 fois plus que les panneaux solaires qui équipent actuellement les satellites.
Vue d'artiste de MegaFlex. Crédit image: PRNewsFoto/ATK